La vipère et le bourdon (A la víbora y Doña Blanca)

ESPAÑOL

Lors de la performance La vipère et le bourdon (A la víbora y Doña Blanca), Estela López Solís a guidé le public jusqu’au lieu qu’elle avait choisi pour accueillir « son jardin » dans le parc du Domain Howard (Sherbrooke) : un endroit à l’ombre de grands arbres disposés en cercle. Après avoir énoncé l’intention à la base de sa performance : « Par le jeu, dévoiler l’ombre que je porte, afin d’embrasser toutes mes nuances », elle a invité les gens à rentrer dans ce jardin intime, d’enfance et de rêve; elle avait un avertissement : une vipère et un bourdon y habitaient. En réalisant des déplacements sinueux et des gestes évoquant une serpente, en même temps qu’elle chantait en espagnol la ronde d’enfance A la víbora de la mar, elle cherchait la vipère et rappelait aux gens que celle-ci se cachait dans un trou sombre et profond.

Elle a rappelé aux gens que la vipère se cachait dans un trou sombre et profond.

Dans un esprit ludique, elle a proposé aux gens de chercher ensuite le bourdon. En chantant une autre ronde, Doña Blanca, elle marchait en cercle au centre de l’espace, spontanément suivie par quelques personnes, comme dans un jeu d’enfance. Progressivement, sa diction des mots s’embrouillait dans un bourdonnement chargé de rage qui montait en intensité; les gens qui marchaient avec elle sont sortis de cette ronde pour se réintégrer dans le cercle plus large du public entourant l’action. Après plusieurs tours, la parole a fini par revenir et le corps de l’artiste est rentré dans le calme et le silence, assis par terre. Elle a rampé jusqu’à un arbre pour se lever avec son soutien. Remplie encore par la sérénité retrouvée, elle laissait remonter en douceur, dans son corps et son esprit, les échos de la sinuosité et du bourdonnement incarnés au début de la performance, pendant qu’elle s’adressait au public pour l’inviter à remarquer l’ombre et la lumière qui, ensemble, faisaient frémir l’espace intime de ce jardin. Les mains vibrantes, elle a invité chaque personne du public à ressentir l’ombre et la lumière habitant son propre jardin intérieur. 

Estela López Solís, Aurélie Marcil, Shirin Abbasi Moghadam et Anikim Lamoureux, quatre artistes ayant participé dans les dernières années au cours ART228 Performance : approche exploratoire, du Certificat en arts visuels de l’Université de Sherbrooke (UdeS), ont été invitées par les commissaires Josianne Bolduc et Sylvie Tourangeau, en collaboration avec le Comité Arts & Culture Jacques-Cartier (Ville de Sherbrooke) et l’Agence école Art et Savoirs (Certificat en arts visuels, UdeS), à développer une déambulation performative au parc du Domaine Howard du 27 au 30 juin 2022. Le projet comportait des moments d’apprentissage en collectif, du travail individuel et du coaching personnalisé avec Sylvie Tourangeau, ainsi qu’une rencontre informelle avec le public et la présentation publique de performances dans le parc. Ce projet a été réalisé dans le cadre du Festival AVEC, le Festival d’arts vivants extérieurs du Comité Arts & Culture Jacques-Cartier.

Aurélie Marcil, Shirin Abbasi, Anikim Lamoureux et Estela López Solís se préparent à présenter leurs performances au parc du Domain Howard, Sherbrooke, 2022. Photos : Jessica Renaud.

Les voix basses

L’exposition Les voix basses a été présentée au Centre d’art Jacques-et-Michel-Auger, de Victoriaville, du 17 février au 27 mars 2021, avec le commissariat de Marie Perrault, commissaire, auteure et éditrice.

L’exposition déployait une sélection de huit œuvres textiles appartenant à la série Susurrantes (2014-2016), les huit gaufrages de la série Ombres (2018), l’installation sonore in situ Les murmures (2021) et Invisible (2021), une intervention réalisée sur le mur de la vitrine qui se trouve à l’extérieur de la salle d’exposition. Des processus performatifs traversent les différentes étapes de création de chacune de ces œuvres.

L’artiste a réalisé dans la salle d’exposition, une résidence de création en deux étapes, du 17 au 20 février et du 24 au 27 mars 2021. Sa table de travail installée dans l’espace amenait son atelier au cœur de la salle. Ceci lui permettait de broder sur place, ainsi que de parler de son travail et d’être à l’écoute des visiteurs. Lors de ces conversations, d’une façon spontanée et généreuse, les visiteurs tissaient leurs lectures des œuvres avec leurs propres histoires et avec des pensées qui les hantaient. 

« Artiste d’origine mexicaine habitant les Cantons-de-l’Est depuis 2011, Estela López Solís s’approprie les pensées noires que lui confient les gens lors de performances ou de résidences.

Au centre de l’atmosphère feutrée qui se dégage de la salle, l’artiste brode à la main ces sentences sur des tissus usagés. Aux murs, les oeuvres textiles de la série Susurrantes incarnent une trace de ses rencontres et le geste de broderie évoque la durée d’un moment de partage. Ces gestes discrets réalisés en blanc sur blanc soulignent le caractère introspectif, intime et secret des témoignages qui lui sont livrés. Entre visible et invisible, leur aspect ténu exprime aussi la réminiscence subtile et obstinée de ces pensées qui nous minent, liées aux attentes et aux jugements des autres. L’installation sonore habitant l’espace nous plonge d’ailleurs au cœur de cette litanie opiniâtre.

En contrepoint, les gaufrages de la série Ombres impriment dans la matière même du papier la marque indélébile dont nous affublent les exigences morales que l’on adopte si facilement. « Profiteuse », « ingrate », « impostrice », « mesquine », « ratée » … expriment ces blessures que l’artiste prend sur elle dans son processus de création, comme en témoigne la féminisation des titres. L’installation en vitrine met de l’avant la disparition de notre être derrière ces jugements.

Dans l’intimité de la rencontre, j’ai ressenti de l’apaisement en abandonnant à l’attention de cette artiste, les pensées noires qui m’habitaient, les confiant aux allers-retours de l’aiguille entre ses mains, ou les laissant s’incruster dans la contemplation des œuvres exposées, au rythme de la mélopée hantant la salle. »

Marie Perrault / Commissaire

Les voix basses, vues de l’exposition et de l’artiste en résidence au Centre d’art Jacques-et-Michel-Auger. Photos : Swann Bertholin.
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Photo : Swann Bertholin.
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Photo : Estela López Solís
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Œuvres de la série Susurrantes dans l’exposition Les voix basses. Broderies faites à la main en fil de coton blanc, sur taies d’oreillers usagées en coton, oreillers en polyester et phrases recueillies et brodées lors de prestations devant public, dans le cadre d’un processus performatif, 2014-2016. Photo : Swann Bertholin.
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Les voix basses, vues de l’exposition au Centre d’art Jacques-et-Michel-Auger. Photos : Swann Bertholin.

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Œuvres de la série Ombres (2018) dans l’exposition Les voix basses. Gaufrages sur papier de coton et phrases recueillies lors de prestations devant public, dans le cadre d’un processus performatif. Photos : Swann Bertholin.
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Invisible, transcription à la mine de plomb. Intervention réalisée dans la vitrine de la salle d’exposition, à partir de phrases et mots recueillis lors de prestations devant public, dans le cadre d’un processus performatif. Photos : Swann Bertholin.

EFFACEMENT

En avril 2021, Estela López Solís a réalisé la performance Effacement, dans le cadre d’une collaboration avec l’artiste Barbara Claus, lors de la transition entre leurs expositions respectives Les voix basses et Le gris de l’aube, au Centre d’art Jacques-et-Michel-Auger. 

Dans la vitrine déployant l’œuvre Invisible, de Estela López SolísBarbara Claus a installé un dictionnaire qu’elle avait intervenu auparavant en biffant des mots reliés aux arts, des livres d’art et la phrase Nous sommes vulnérables formée par des lettres en plâtre. Quelques jours après, Estela López Solís s’est donné à la tâche d’effacer sa propre écriture. Elle raconte ensuite l’action dans leurs correspondances :

« Le graphite a présenté une grande résistance à partir. Les premières lettres, très chargées de matière, sont devenues plus foncées au début de l’effacement. Pour estomper l’écriture, il a fallu du temps et une action réitérée, tel que je la souhaitais : en symétrie avec le temps investi à dessiner. Patrick Beaulieu, Dominique Laquerre, Marie Perrault et Marie V. Laporte ont assisté à l’action. Assisté dans les deux sens du terme : par leurs présences et en apportant des idées quant à la meilleure façon d’effacer. [Elles/Il] ont témoigné des mille dessins apparus avant que le dernier fantôme s’installe. Les résidus de gomme sur le mur – et surtout sur la phrase en plâtre – témoignent de l’action. D’autres résidus ont dessiné une abstraction de tâches sur un tissu blanc à l’origine, celui qui portait déjà la poussière tombée sur mes taies d’oreiller exposées dans Les voix basses. Cet objet repose sur le sol dans la vitrine. Un autre témoin.

Le performatif partait d’une volonté d’effacer, incarnée dans le labeur d’une journée par la répétition des gestes. »

Dans cette œuvre réalisée en collaboration, des écritures, des effacements, des indices, des dévoilements, des résistances, nous tient dans la charnière – du « v » – entre le visible et l’invisible.

Effacement, extrait de la documentation vidéo de la performance, Centre d’art Jacques-et-Michel-Auger, 15 avril 2021. Une collaboration de Barbara Claus et Estela López Solís. Caméra : Patrick Beaulieu.

Effacement, vues de la performance et de l’installation qui en a découlé, Centre d’art Jacques-et-Michel-Auger, 15 avril 2021. Une collaboration de Barbara Claus et Estela López Solís. Photos : Patrick Beaulieu.


Visionner dans son intégralité la conférence de la commissaire Marie Perrault, à propos de l’exposition Les voix basses, en diffusion sur la plateforme YouTube. Cette conférence a eu lieu au Centre d’Art Jacques-et-Michel-Auger du Carré 150, à Victoriaville, le 26 mars 2021. Les photographies présentées lors de la conférence sont de Swann Bertholin, Thierry Du Bois, Martin Dufrasne, Eddy Garaicoa, Marc Jolicoeur, Estela López Solís, Marie Perrault et Marie V. Laporte. Photo : Patrick Beaulieu.
Visionner dans son intégralité sur la plateforme YouTube, l’interview réalisée avec Estela López Solís par Dominique Laquerre, directrice du Centre d’art Jacques-et-Michel-Auger, pour la Télévision communautaire des Bois-Francs (TVCBF), le 19 février 2021. Photo: image extraite de la vidéo de la TVCBF.

L’artiste remercie très particulièrement la commissaire Marie Perrault, pour son soutient et sa collaboration dans les différents aspects et moments du projet. Elle remercie également Dominique Laquerre, directrice du Centre d’art Jacques-et-Michel-Auger et Marie V. Laporte, médiatrice culturelle, ainsi que toute l’équipe du Centre.

Aussi, elle remercie pour leur participation à la réalisation de l’installation sonore in situ Les murmures (2021), Alex-Ann Boucher (voix et collaboration artistique) et Danys Levasseur (montage audio et spatialisation).

Estela López Solís remercie également le Conseil des arts du Canada de son soutien.

Résidence de recherche et création à La Havane


ESPAÑOL

Estela López Solís a réalisé une résidence de recherche et création à La Havane,  durant 3 semaines de l’automne 2019, grâce au jumelage entre le centre d’artistes DARE-DARE (Montréal) et le centre Artista X Artista (La Havane), dans le cadre des Rencontres en art actuel Montréal~Habana Encuentros de arte contemporáneo.

Lors de sa résidence, l’artiste a investi l’espace public de la ville, par une série de rencontres et de déambulations, ainsi que par des actions à faible coefficient de visibilité. Sa recherche avait comme point de départ, un intérêt par les traces matériels et immatériels de l’esclavage dans la ville. Une autre ligne d’exploration l’amenait à se questionner sur les rapports qui pouvaient y avoir avec la vie insulaire, les gens rencontrés lors de sa résidence. Une série de photographies, vidéos, dessins, oeuvres textiles et récits issus de ses explorations témoigneront ultérieurement de son parcours de recherche.

Dans le cadre de cette résidence, Estela López Solís a aussi présenté l’exposition solo Acechantes (Hantises) à Artista X Artista, et elle a réalisé la performance ¿Cómo te voy a olvidar? / Sanar el pasado (Comment pourrais-je t’oublier? / Guérir le passé), au Centro de Desarrollo de las Artes Visuales, à La Havane. De plus, pendant six jours supplémentaires à sa résidence à La Havane, elle a participé au III Taller Casa Tomada, un projet de Casa de las Américas, dans le cadre duquel, elle a réalisé le parcours performatif et participatif El hilo y la cadena (Le fil et la chaîne), à la ville de Baracoa.

La réalisation de cette résidence a été possible grâce aux Rencontres en art actuel Montréal~Habana Encuentros de arte contemporáneo, un projet d’échanges visant la diffusion, la production et les dialogues entre artistes et travailleurs culturels cubains et montréalais.

Vue d’une action performative furtive de Estela López Solís, Baracoa, 2019.

Vue d’une action performative furtive de Estela López Solís avec Alexis Placencia, Regla, 2019.

L’artiste remercie l’historien Alexis Placencia pour sa précieuse collaboration dans ce projet de recherche et création à La Havane.

ACECHANTES (HANTISES)
Exposition, Artista X Artista, La Havane

Photo : Martin Dufrasne.

Intéressée à générer un dialogue entre son travail textil et l’espace qui l’accueillerait pendant trois semaines, l’artiste a abordé ce projet d’exposition solo – au debut de sa résidence – à partir d’une série d’installations. Dans quatre de ces installations (Intruse, Je suis invisible, J’ai tellement peur et Impostrice), ses pièces brodées dialoguaient avec l’espace architectural et avec le mobilier de Artista X Artista, ce qui générait des nouvelles lectures des oeuvres textiles réalisées auparavant. Deux autres oeuvres faisaient partie de l’exposition : une sculpture textile (Tout perdre / Toutes mes erreurs deviendront visibles) et une installation (Échouer complètement / En attente de ce qui n’arrivera jamais) créant un rapport entre le mobilier du lieu et une écriture réalisée par l’artiste sur un des murs de la salle.

Écrites sur un mur ou brodées à la main sur des rideaux en voile usagés (blanc sur blanc ou noir sur noir), des phrases exprimant des pensées sombres étaient dévoilées par chaque installation. Ces phrases avaient été recueillies par l’artiste lors des divers échanges avec le public de sa performance Hantises(Centre Culturel de Notre-Dame-de-Grâce, Montréal, Québec, 2017). Elles semblaient habiter l’espace d’une façon fantomatique.

Photos : Eddy Garaicoa.

Les oeuvres textiles faisant partie des installations ont été réalisées avec le soutien du Conseil des arts du Canada.

¿CÓMO TE VOY A OLVIDAR? / SANAR EL PASADO
(COMMENT POURRAIS-JE T’OUBLIER? / GUÉRIR LE PASSÉ)
Performance, Centro de Desarrollo de las Artes Visuales, La Havane

Dans cette performance, l’artiste profère en jargon mexicain, une injure chargée de mépris classiste et raciste. Avec celle-ci, elle dévalorise la Cumbia, un genre de musique populaire joué, chanté et dansé dans l’Amérique Latine. Elle entame après, une suite d’actions symboliques qui cherchent à contraire cet injure en dévoilant les racines de la Cumbia dans la culture des esclaves noirs, pendant l’époque coloniale. Cette oeuvre nous ramène ainsi, aux liens entre des pratiques de discrimination contemporaines et des pratiques d’exploitation humaine qui ont laissé des blessures – encore ouvertes  – dans nos sociétés. 

La performance ¿Cómo te voy a olvidar? / Sanar el pasado, s’inspire de la chanson Cómo te voy a olvidar (1996) de Jorge Mejía Avante, interpreté por le groupe mexicain Los Ángeles Azules, ainsi que d’un texte extrait d’une interview réalisé à Jesús Cruzvillegas (parue dans le catalogue d’exposition Autodestrucción 2, de Abraham Cruzvillegas, UNAM, Mexico, 2014).

¿Cómo te voy a olvidar? / Sanar el pasado a été présentée au Centro de Desarrollo de las Artes Visuales de La Havane, le 1er novembre 2019, dans le cadre du vernissage de l’exposition de groupe Rencontres en art actuel Montréal~Habana Encuentros de arte contemporáneo.

Photos : Martin Dufrasne et Eddy Garaicoa.

¿Cómo te voy a olvidar? / Sanar el pasado. Extrait de la documentation vidéo de la performance au Centro de Desarrollo de las Artes Visuales, La Havane, 1er novembre 2019. Caméra : Aaron Pollard.

L’artiste remercie Sylvie Tourangeau et Martin Dufrasne pour leur collaboration artistique.

EL HILO Y LA CADENA / DEAMBULACIONES 
(LE FIL ET LA CHAÎNE / DÉAMBULATIONS)
Action performative et participative, III Taller Casa Tomada, Baracoa

Dans le cadre de sa résidence de recherche et de création à La Havane et à l’invitation de Casa de las Américas, Estela López Solís s’est jointe au III Taller Casa Tomada : un projet multidisciplinaire et nomade dans lequel, pendant six jours, une trentaine d’artistes et de travailleurs culturels d’origine latino-américaine ont échangé autour des notions de terre et de territoire, avec les communautés de plusieurs provinces cubaines.

À partir des recherches développées lors de sa résidence à La Havane, l’artiste a conçu le projet El hilo y la cadena / Deambulaciones. Ceci consistait à la réalisation d’un parcours performatif et participatif à Baracoa, première ville fondée sur l’Île, avec la collaboration de l’historien Enrique Floirian et la participation d’un public formé principalement par des habitants de cette ville.

Dans El hilo y la cadena / Deambulaciones, un petit groupe des gens habitant à Baracoa et intéressés à l’histoire de leur ville se sont rassemblés afin de suivre un parcours orchestré par l’historien Enrique Floirian, à la demande de l’artiste. Lors des arrêts ponctuels dans des lieux ayant une charge historique coloniale importante, tel que le Fort Matachín, le Parc La Victoria ou la Cathédrale de Baracoa, Enrique Floirian racontait aux gens l’histoire de la fondation de la ville et les particularités du passé esclavagiste de ce territoire cubain. Dans les mêmes lieux d’arrêt, l’artiste a réalisé une série d’actions performatives en résonance avec ce discours historique. Elle énonçait des bribes de récits sensibles et poétiques portant sur la mémoire personnelle ou collective, en lien avec l’esclavage ou le territoire et elle posait des gestes par lesquels, une série d’objets matériels devenaient des multiples objets symboliques reliés à ces récits. Ainsi, un cahier devenait une baraque et ensuite, les vagues de la mer; un ensemble de fils se transformaient en coeur, en sang, en chaînes ou en carte géographique. Certains des participants ayant reçu de l’artiste des enchevêtrements de fils rouges, les ont porté et ont essayé de les défaire tout au long du parcours. Au coeur de chaque enchevêtrement, il y avait un petit papier sur lequel était écrit un extrait poétique de récits traitant sur l’esclavage, que les participants étaient invités à partager avec le groupe, au moment où ils trouveraient une résonance avec les discours de l’historien ou de l’artiste, avec les actions performatives ou avec les lieux parcourus. Ponctuellement lors de cette traversée, avec générosité et spontanéité, la poète Gertrudis Labaceno, de Baracoa a partagé au groupe certains de ses poèmes reliés à l’histoire des noirs et au territoire. 

Photos : Cristina Figueroa Vives.

L’artiste remercie Enrique Floirian pour sa collaboration dans ce projet, Ernesto Teuma et Lizbeth Román pour leurs apports intellectuels et poétiques, ainsi que Gertrudis Labaceno et tous ceux qui ont participé activement à ce parcours performatif.

Estela López Solís remercie Martin Dufrasne, Lillebit Fadraga, Cristina Figueroa Vives, Gretel Medina, Solveig Font, Ximena Holuigue, Marian García, Ernesto Yoel Ramírez Cascaret, DARE-DARE, Artista X Artista, Casa de las Américas, Centro de Desarrollo de las Artes Visuales pour leur précieuse collaboration, ainsi que Nahela Hechavarría, Maité Hernandez Lorenzo, Victor Manuel Piverno Barrios et les artistes et travailleurs culturels participant aux Rencontres en art actuel Montréal~Habana Encuentros de arte contemporáneo et au III Taller Casa Tomada, pour la richesse des échanges et des moments partagés.

Luces en la ciudad (y también en la carretera). [PDF] Nahela Hechavarría, laventana.casa.cult.cu, novembre 2019. Texte en espagnol.

III Taller Casa Tomada. Tierra y territorio del pensamiento y la creación joven en las Américas [PDF] Casa de las Américas, octobre 2019. Texte en espagnol.

Les bonheurs

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L’œuvre Les bonheurs était en même temps une installation in situ et une performance se déployant à l’intérieur d’un local commercial au centre-ville de Sherbrooke. Observée dès la rue, l’œuvre évoquait la chaleureuse lueur d’une lanterne à l’échelle d’un espace architectural. Cette œuvre a été conçue et réalisée dans le cadre de l’événement Rivières de Lumières, du Théâtre des Petites Lanternes. Le Théâtre avait invité l’artiste à concevoir et à créer une de trois « lanternes de bonheur » : des œuvres qui guideraient le public lors d’un parcours dans la ville, à la recherche du personnage principal de l’histoire proposée dans l’événement. Rivières de Lumières rassemblait une pluralité de pratiques et de disciplines artistiques.

L’œuvre Les bonheurs est issue d’un processus relationnel que Estela López Solís a développé avec des membres de L’Association péruvienne de l’Estrie (APE). Lors de rencontres tête-à-tête, consistant à des promenades au centre-ville de Sherbrooke, à des pauses café et à de réunions virtuelles, les participants ont généreusement partagé avec l’artiste, leurs histoires de vie, leurs mémoires, leurs émotions, leurs réflexions. Dans ces discussions, ils ont cherché ensemble, ce que la notion de bonheur peut signifier. À l’aide d’un cahier de notes, l’artiste a recueilli ces pensées.

Lors des deux soirées où Rivières de Lumières a eu lieu, Estela López Solís a déployé sur les vitrines du local devenues des écrans, ces phrases recueillies portant les voix des personnes rencontrées. Elle manipulait les lettres découpées individuellement et les collait avec soin pour former une constellation sensible de mots. Pendant trois heures chaque soir, comme dans un théâtre d’ombres, Les bonheurs dévoilait les travaux que l’artiste mettait en œuvre pour créer l’installation.

Se penchant généralement sur des émotions plus sombres, comme l’angoisse, la peur ou la tristesse, avec cette œuvre, l’artiste explorait pour la première fois le thème du bonheur. Elle cherchait à échapper aux clichés autour de cette notion, qui peut facilement être banalisé. Ses entretiens avec les membres de la communauté péruvienne, lui ont permis d’observer ce que le bonheur peut signifier dans le contexte de parcours de vies singuliers. Les phrases déployées dans l’œuvre s’ancrent dans la profondeur de chaque histoire de vie racontée lors de ces rencontres.

Avec cette œuvre, Estela López Solís souhaitait dévoiler un fragment de la grande trame d’émotions de notre collectivité.

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Les bonheurs, vues de la performance/installation réalisée dans le cadre de l’événement Rivières de Lumières, du Théâtre des Petites Lanternes, performance du samedi 26 septembre 2020. Photos : Patrick Beaulieu.

L’artiste remercie les participants Fernando Nolazco, Javier Melgarejo, Alejandro Cuadros Prieto, Jim Arévalo, Silvia Aldave, Giuliana Montani, María Laura Solange Acedo Pozo et très particulièrement, Oswaldo Horna Montes et l’Association péruvienne de l’Estrie.

Elle remercie également Kristelle Holliday, Angèle Séguin, Catherine Boudin, toute l’équipe de Rivières de Lumières, ses bénévoles et les artistes participants, ainsi que Patrick Beaulieu, France Gagné, Karine Kin et Technolab 164.

Intérieurs // Interiores

 

Entre 2018 et 2019, Estela López Solís a réalisé une série de parcours performatifs furtifs dans des espaces interstitiels – soit des lieux de passage, des corridors, par exemple – et dans des espaces peu visibles et fréquentes – des escaliers secondaires, des espaces en rénovation, entre autres – à l’intérieur de plusieurs bâtiments de la ville de Montréal. Lors de ces parcours, elle interpellait, à des points d’arrêt stratégiques, des gens rencontrés par hasard dans ces lieux, afin d’échanger au sujet de leurs usages de ces espaces et de leur partager des extraits de textes portant sur des expériences sensibles ou symboliques autour de l’architecture. Avec ces actions, l’artiste proposait à ces gens rencontrés par hasard, l’appréciation et la redécouverte, par un regard contemplatif, de ces lieux devenus trop quotidiens, parfois peu visibles, peu valorisés, certains même évités, aux usages attribués à des fonctions pragmatiques, secondaires ou ménagères.

La série de photomontages Intérieurs a été réalisée suite à ces expériences. Dans celle-ci, différentes perspectives et détails des espaces parcourus, ainsi que des extraits de textes utilisés dans ces actions performatives se juxtaposent, se superposent, s’entremêlent et se fusionnent. Des transparences, des brouillards, des effacements dans lesquelles le texte se fragmente et apparait / disparait, génèrent des images évanescentes. Ces œuvres évoquent l’évanescence de la mémoire des lieux. En même temps, elles fusionnent le lieu réel documenté aux lieux fictifs référés par les textes.

La vidéo Intérieurs / Montée et descente a été créée à partir d’un enregistrement réalisé par l’artiste lors de ses parcours performatifs. Dans cette œuvre, l’artiste s’intéresse aux traitements narratifs, visuels et sonores qui soulignent l’aspect intimiste et introspectif de l’expérience du parcours. L’enregistrement vidéo / audio d’une montée et une descente en ascenseur s’articulent ici, avec les courtes narrations de deux rêves. Un de ceux-ci a été partagé par sa grand-mère à l’artiste et l’autre a été rêvé par elle-même. Le récit initial dans la vidéo porte sur l’histoire paisible d’un mouvement d’ascension, tandis que le récit avec lequel l’œuvre conclue est l’histoire d’une inquiétante descente. Les traitements visuel et audio de la vidéo font subtilement écho aux qualités de ces récits.



Entre 2018 y 2019, Estela López Solís realizó una serie de recorridos performativos y furtivos en espacios intersticiales – lugares de tránsito, corredores, por ejemplo –, y en espacios poco visibles y frecuentados, al interior de varios edificios de la ciudad de Montreal. Durante estos recorridos interpelaba en puntos estratégicos, a personas encontradas en esos lugares, con el fin de dialogar sobre la utilización que ellos hacen de esos espacios y de compartirles breves lecturas, en torno a experiencias sensibles o simbólicas de la arquitectura. Con estas acciones, la artista proponía a dichas personas, apreciar y redescubrir, mediante una mirada contemplativa, estos lugares poco apreciados de tan cotidianos, a veces poco visibles y valorados o incluso evitados, cuyos usos están destinados a funciones pragmáticas, secundarias o de intendencia.

La serie de fotomontajes Interiores fue realizada tras estas experiencias. En esta serie, diferentes perspectivas y detalles de los espacios recorridos, así como fragmentos de textos utilizados en las acciones performativas, se yuxtaponen, se superponen, se entremezclan y se fusionan. Transparencias, brumas, desdibujamientos en los que el texto se fragmenta y aparece / desaparece, generan imágenes evanescentes. Estas obras evocan la evanescencia de la memoria de los lugares. Al mismo tiempo, fusionan el espacio real documentado con los lugares ficticios referidos en los textos.

El video Interiores / Subida y descenso fue creado a partir de una grabación realizada por la artista, durante sus recorridos performativos. En esta obra, la artista se interesa en los tratamientos narrativos, visuales y sonoros que subrayan el aspecto intimista e introspectivo de la experiencia de su recorrido. El registro en audio y video de una subida y un descenso en elevador se articulan aquí, con las breves narraciones de dos sueños; uno de estos fue compartido por su abuela a la artista y el otro es un sueño que tuvo ella misma. El texto al inicio del video cuenta la historia apacible de un movimiento de ascensión, mientras que el texto con el que la obra concluye es la historia de un inquietante descenso. Los tratamientos visuales y sonoros del video hacen sutilmente eco a las cualidades de estas historias.

 

 

 

 

Série Intérieurs. Photographies numériques, 2019. Textes : écrits personnels de l’artiste; Dictionnaire des symboles, de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant; Luis Barragán, cité dans L’habitant temporaire, de Thomas Batzenschlager; et Les Émigrants, de W.G. Sebald. // Serie Interiores. Fotografías digitales, 2019. Textos: escritos personales de la artista; Dictionnaire des symboles, de Jean Chevalier y Alain Gheerbrant; Luis Barragán, citado en L’habitant temporaire, de Thomas Batzenschlager; y Les Émigrants, de W.G. Sebald.

 

Intérieurs / Montée et descente, vidéo, 2 min 30 s, 2019. // Interiores / Subida y descenso, video, 2 min 30 s, 2019.

 

Estela López Solís remercie le Conseil des arts et des lettres du Québec de son soutien.
Estela López Solís agradece el apoyo del Conseil des arts et des lettres du Québec.

 

 

Les lueurs // La tenue luz de la memoria

 

 

Le projet relationnel et performatif Les lueurs proposait un moment et un lieu d’arrêt, de recueillement et de partage, au cœur du Marché de la Gare de Sherbrooke, durant le grand déambulatoire nocturne du Festival Rivières de Lumières, organisé par le Théâtre des Petites Lanternes. Dans un des kiosques du marché, Estela López Solís a accueilli des passants individuellement ou en petits groupes, afin de causer autour de la lumière. Celle-ci a été autant le sujet central de ces échanges, qu’une subtile présence favorisant l’évocation de récits et de souvenirs. Avec ce projet, l’artiste souhaitait explorer la place que la lumière occupe dans la mémoire des gens. Elle cherchait à créer un espace / temps intime, propice à l’échange et à l’écoute, dans un jeu d’asymétrie avec cette grande déambulation festive.

Les lueurs a eu lieu au Marché de la Gare de Sherbrooke, dans le cadre du Festival Rivières de Lumières, le 28 septembre 2019, de 19 h 00 à 22 h 30.



El proyecto relacional y performático La tenue luz de la memoria, proponía un momento y un lugar para detenerse, recogerse y compartir. Tuvo lugar en el mercado Marché de la Gare de Sherbrooke, durante la gran deambulación nocturna del Festival Ríos de Luces, organizado por el Théâtre des Petites Lanternes. En uno de los kioscos originalmente destinados al comercio, Estela López Solís recibió a algunos de los caminantes individualmente o en pequeños grupos, para platicar en torno a la luz. Ésta fue tanto el tema central de las conversaciones, como una sutil presencia favorable a la evocación de historias y recuerdos. Con este proyecto, la artista exploraba el lugar que la luz ocupa en la memoria de las personas; en un juego de asimetría con la gran deambulación festiva de esa noche, buscaba generar un espacio / tiempo íntimo, propicio al diálogo y a la escucha.

La tenue luz de la memoria tuvo lugar en el Marché de la Gare de Sherbrooke, en el marco del Festival Rivières de Lumières, el 28 de septiembre de 2019, de las 19.00 a 22.30 horas.

 

 

 

 

 

 

 

Les lueurs, vues de l’action relationnelle et performative, Festival Rivières de Lumières, Sherbrooke, 2019. // La tenue luz de la memoria, vistas de la acción relacional y performática, Festival Ríos de Luces, Sherbrooke, 2019.

Tellement peur // Tanto miedo

 

La suite d’actions performatives Tellement peur abordait d’une part, les angoisses et les peurs reliées au travail et aux exigences de la productivité, et explorait d’autre part, la parole et le silence, le secret et le dévoilement, ainsi que la possibilité de retrouver sa propre voix dans les voix des autres.

Tellement peur a eu lieu le dimanche 28 octobre 2018, durant une heure et demie, à la Maison des arts et de la culture de Brompton, dans le cadre de l’exposition Silences.



La serie de acciones performativas Tanto miedo abordaba por un lado, las angustias y los miedos ligados al trabajo y a las exigencias de productividad; por otra parte, exploraba la palabra y el silencio, el secreto y la develación, así como la posibilidad de encontrar la propia voz en las voces de los otros.

Tellement peur tuvo lugar el domingo 28 de octubre de 2018, durante una hora y media, en la Maison des arts et de la culture de Brompton, en el marco de la exposición Silencios.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tellement peur. Vues de la suite d’actions performatives réalisées à la Maison des arts et de la culture de Brompton, Sherbrooke, le 28 octobre 2018. Photos : Swann Bertholin. // Tanto miedo. Vistas de la serie de acciones performativas realizadas en la Maison des arts et de la culture de Brompton, Sherbrooke, el 28 de octubre de 2018. Fotos: Swann Bertholin.

 

De gauche à droit : J’ai tellement peur / Tu as tellement peur, Hantises invisibles (écriture gravée sur papier en coton), Sélection de Hantises et Bio interrompue, textes performatifs de la suite d’actions Tellement peur. // Tengo tanto miedo / Tienes tanto miedo, Acechantes invisibles (escritura grabada sobre papel de algodón), Selección de Acechantes y Biografía interrumpida, textos performáticos de la serie de acciones Tanto miedo.

 

Estela López Solís remercie le Conseil des arts du Canada de son soutien.
Estela López Solís agradece el apoyo del Conseil des arts du Canada.

 

 

Susurrantes • Hantises

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Susurrante 4 (détail). Broderie faite à la main avec fil en coton sur taie d’oreiller, 52 cm x 67cm x 18 cm, 2015. // Susurrante 4 (detalle). Bordado hecho a mano con hilo de algodón sobre funda de almohada, 52 cm x 67cm x 18 cm, 2015.

Dans les œuvres de l’exposition Susurrantes, présentée au Centre culturel de Notre-Dame-de-Grâce à Montréal (hiver 2017), l’artiste Estela López Solís « cueillait » des pensées noires des autres et les brodait blanc sur blanc sur des taies d’oreiller. Par la lenteur et par la répétition du geste de broder, l’artiste dévoilait la subtile mais persistante formation de ce genre de pensées dans notre esprit. Dans Hantises, série de trois performances qu’elle a réalisées pendant la période d’exposition, elle brodait dans la salle des mots exprimant certaines peurs autour de la création artistique et, d’une façon élargie, autour du travail et de la productivité. En plus de dévoiler ces pensées, avec ces actions elle cherchait à explorer les possibilités performatives du travail lent et contemplatif qui donne lieu à ses œuvres, ainsi qu’à concentrer et souligner ces instants précieux et rares de la lenteur dans la création, à contre-courant du vertigineux déroulement de la vie quotidienne.

L’exposition Susurrantes et les performances Hantises ont été présentées au Centre culturel de Notre-Dame-de-Grâce à Montréal, à l’hiver 2017.



En las obras de la exposición Susurrantes, Estela López Solís recolectaba pensamientos oscuros de los visitantes y los bordaba, blanco sobre blanco, sobre fundas de almohadas. Mediante la lentitud y la repetición del gesto de bordar, la artista develaba la sutil pero persistente formación de este tipo de pensamientos en nuestro espíritu. En Hantises, serie evolutiva de tres performances que realizó durante el periodo de exposición, bordaba en la sala palabras que expresaban algunos miedos alrededor de la  la creación artística, del trabajo y de la productividad. Además de develar estos pensamientos, con estas acciones buscaba explorar las posibilidades performáticas del trabajo lento y contemplativo que da lugar a sus obras, así como concentrar y subrayar estos instantes preciosos y raros de lentitud en la creación, a contracorriente del vertiginoso fluir de la vida cotidiana.

La exposición Susurrantes y los performances Hantises han sido presentados en el Centre culturel de Notre-Dame-de-Grâce en Montreal, en el invierno de 2017.

 

Hantises – Ce que je fais (3 min 30 s). Documentation vidéo de la performance évolutive au Centre culturel de Notre-Dame-de-Grâce, Montréal; troisième journée de performance, le 2 mars 2017. Réalisation vidéo: Estela López Solís, caméra : Swann Bertholin, 2017. // Hantises – Ce que je fais (3 min 30 s). Videodocumentación del performance evolutivo en el Centre culturel de Notre-Dame-de-Grâce, Montreal; tercer día de performance, 2 de marzo de 2017. Dirección del video: Estela López Solís, cámara: Swann Bertholin, 2017.

 

Susurrante 1. Broderie faite à la main avec fil en coton sur taie d’oreiller, 52 cm x 67cm x 18 cm, 2015. // Susurrante 1. Bordado hecho a mano con hilo de algodón sobre funda de almohada, 52 cm x 67cm x 18 cm, 2015.

 

Susurrantes. Vue de l’exposition au Centre culturel de Notre-Dame-de-Grâce, Montréal, 2017. Photo : Swann Bertholin. // Susurrantes. Vista de la exposición en el Centre culturel de Notre-Dame-de-Grâce, Montreal, 2017. Foto : Swann Bertholin.

 

 

 

 

 

Hantises. Vues de la troisième performance au Centre culturel de Notre-Dame-de-Grâce, Montréal, le 2 mars 2017. Photos : Swann Bertholin. // Hantises. Vistas del tercer performance en el Centre culturel de Notre-Dame-de-Grâce, Montreal, el 2 de marzo de 2017. Fotos: Swann Bertholin.

 

 

Hantises. Objets de la première performance au Centre culturel de Notre-Dame-de-Grâce, Montréal, le 2 février 2017. Photos : Omar Bernal. // Hantises. Objetos del primer performance en el Centre culturel de Notre-Dame-de-Grâce, Montreal, el 2 de febrero de 2017. Fotos: Omar Bernal.

 

Ce que je fais. Texte performatif de Hantises. // Ce que je fais (Lo que hago). Texto performático de Hantises.

 

Hantises (1 min 33 s). Documentation vidéo de la performance évolutive au Centre culturel de Notre-Dame-de-Grâce, Montréal; troisième journée de performance, le 2 mars 2017. Réalisation vidéo: Estela López Solís, caméra : Swann Bertholin, 2017. // Hantises (1 min 33 s). Videodocumentación del performance evolutivo en el Centre culturel de Notre-Dame-de-Grâce, Montreal; tercer día de performance, 2 de marzo de 2017. Dirección del video: Estela López Solís, cámara: Swann Bertholin, 2017.

 

 

L’artiste souhaite remercier très particulièrement Sylvie Cotton, pour son soutien et sa collaboration dès la naissance de ce projet. Elle remercie également Patrick Beaulieu, Yves Gendreau, France Gagné, Rémi Turgeon, Colin Earp-Lavergne, Émylie Bernard, Mylène Robillard et Robert Dufour. // La artista agradece particularmente a Sylvie Cotton su apoyo y su colaboración desde el origen de este proyecto. Agradece igualmente a Patrick Beaulieu, Yves Gendreau, France Gagné, Rémi Turgeon, Colin Earp-Lavergne, Émylie Bernard, Mylène Robillard y a Robert Dufour.

PRESSE // PRENSA
Des haltes qui apaisent. Éric Clément, La Presse, 4 février 2017.