Polyphonie intime

ESTELA LÓPEZ SOLÍS ET MARIE PERRAULT

Estela López Solis et Marie Perrault, dessin/transcription sur papier à partir de textes de Marie Perrault, 2020. Photo : Paul Litherland.

« Depuis plusieurs années, Estela López Solís recueille les phrases de personnes assistant à ses performances pour réaliser des œuvres textiles qui matérialisent ces mots sous forme d’installations. Non pas centrée sur l’objet, son approche mise plutôt sur un processus où ses œuvres incarnent les traces d’échanges autour d’expériences intimes que lui confient les visiteur.e.s et qu’elle note et réactive sous forme de broderies, intégrées à une installation plus vaste, réunissant les voix de tous dans une même œuvre. »

« À l’hiver 2017, au Centre culturel de Notre-Dame-de-Grâce à Montréal, elle se penche sur les pensées noires et les jugements hantant chacun.ne de nous. Sa démarche de collaboration avec Marie Perrault découle d’une approche commissariale de cette dernière mettant de l’avant la résonance intime que cette exposition a provoqué chez elle. Une approche qu’elle a développée pour une exposition de López Solís au Centre d’art Jacques-et-Michel-Auger (Victoriaville).

À partir de photographies et de courts récits de souvenirs de l’enfance de Marie Perrault réveillés par sa visite au Centre culturel Notre-Dame-de-Grâce, elle et Estela López Solís ont produit, en 2020 et 2021, de nombreux dessins/transcriptions, près d’une centaine d’œuvres sur papier de dimensions variées, par décalque, retranscription littéraire et broderie. Certains ont été réalisées par correspondance. »

Estela López Solis et Marie Perrault, dessin/transcription sur papier à partir de textes de Marie Perrault, 2020. Photo : Paul Litherland.

« Soutenu par le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), ce projet pose la retranscription comme méthode de création ancrée dans la résonance intime que portent les mots de chacune répétés et relayés en écho. Ce travail de collaboration s’est articulé autour de nos enfances respectives, en tablant sur nos expériences communes, malgré nos différences d’âge et de culture, de prime abord manifestes. Ce processus a élargi le champ d’action de nos rôles respectifs d’artiste, et de commissaire et autrice. » 

Estela López Solis et Marie Perrault, dessin/transcription sur papier à partir de textes de Marie Perrault, 2020. Photo : Paul Litherland.

Estela López Solis et Marie Perrault, dessin/transcription sur papier à partir de textes de Marie Perrault, 2020. Photo : Paul Litherland.

Marie Perrault, dessin/transcription/broderie sur papier et sur papier calque superposé, deux détails, 2021. Photos: Paul Litherland.

Estela López Solis, La vulnérabilité, dessin/transcription/broderie sur papier à partir de textes de Marie Perrault, 2021. Photo : Paul Litherland.

Estela López Solis, Nos doutes, dessin/transcription/broderie sur papier à partir de textes de Marie Perrault, 2021. Photo : Paul Litherland.

« Notre démarche commune s’élabore autour de la polyphonie de nos voix respectives, où le visible et le lisible, deviennent les fils conducteurs de prises de parole, tant individuelles que communes. À partir d’une complicité inter-culturelle et inter-générationnelle, nous tissons… des rapports de superposition, d’entrecroisement, de juxtaposition et de discontinuité, incarnant des échanges sensibles conjugués au « je » et au « nous » …

Nous désirons voir se répondre nos modes d’expression respectifs selon une perspective qui considère nos subjectivités et favorise une contamination de nos pratiques. Cette collaboration explore la possibilité de retrouver sa propre voix dans celle de l’autre par des créations émanant d’un processus d’écoute réciproque, de complicité précieuse et rare, à contre-courant de la prestation autonome attendue d’une commissaire et d’une artiste. Elle questionne les fondements mêmes de nos identités individuelles. »

Textes de Marie Perrault.

Vue du processus de création du projet en atelier, 2020. Photo : Estela López Solís.

Notre douleur

Dans cette œuvre créée pour la Biennale nationale de sculpture contemporaine (BNSC), une série de broderies réalisées à la main et une série de dessins sur papier de sisal se déployaient, sous forme d’installation in situ, dans l’espace du grenier de la Galerie d’art du Parc, à Trois-Rivières. 

Ici, le travail de broderie, souvent associé à l’univers domestique, nous ramène aussi à la sphère publique. Certaines des pièces textiles s’inspirent des grandes bannières qui, lors de manifestations publiques massives au Mexique, affichent dans la rue des phrases peintes portant des revendications sociales ou politiques. Une tension entre l’intime et le public est mise en œuvre. Les phrases brodées sur chaque pièce textile semblent nous dévoiler des bribes de récits portant des blessures à la fois individuelles et collectives. Ces narrations fragmentaires demeurent ouvertes pour accueillir toutes les histoires avec lesquelles ces œuvres puissent resonner.

Invitée par la Biennale à collaborer avec Innofibre, Centre d’innovation de produits cellulosiques, pour le développement et la réalisation d’une œuvre, Estela López Solís s’est intéressée à la création d’un papier à partir de fibres de sisal d’origine mexicaine récupérées des cordes et de sacs destinés au transport de produits agricoles. Les dessins découlant de cette recherche portent des transcriptions qui racontent, d’une façon fragmentaire, l’histoire de l’exploitation humaine coloniale et postcoloniale reliée à la culture et au commerce du sisal et d’autres matières des Amériques.

« La simplicité des mots tout comme l’absence de données factuelles
rendent ces récits universels. La souffrance, souvent tue, résonne enfin,
tout en gardant ses victimes dans l’anonymat. » 
– Extrait du texte Rumeurs à propager, de Jérôme Delgado,
publié dans Le Devoir, le samedi 6 juillet 2024.

© Estela López Solís. Vues de l’installation Notre douleur, Galerie d’art du Parc, 2024. Photos: Félix Michaud. 

« Comment les messages produits par le biais des ouï-dire ont-ils une influence concrète 
sur les conceptions du monde et pourraient pousser au faire et à l’agir ? 
Les œuvres présentées dans cette 11e BNSC ne se limitent pas à dénoncer, soit à dire. » 
– Extrait du texte Oui dire! (Vers une mise en action du ouï-dire) de Karine Bouchard, 
catalogue de la BNSC.

La 11e Biennale nationale de sculpture contemporaine dont la thématique était « Oui, dire » a eu lieu du 20 juin au 13 septembre 2024, à Trois Rivières.

ARTISTES INVITÉ-ES :
Heidi Barkun
Rémi Belliveau
Collectif Bonneau-Knight
Shuyi Cao
Estela López Solís 
Maryse Goudreau
Marc-Antoine K. Phaneuf
arkadi lavoie lachapelle
Clemens Von Wedemeyer
Sanaz Sohrabi
Camille Turner
Nico Williams
Tyshan Wright

COMMISSAIRE : 
Karine Bouchard 
DIRECTRICE GÉNÉRALE ET ARTISTIQUE DE LA BNSC :
Audrey Labrie
COORDONNATEUR ARTISTIQUE :
Alexandre Poulin
COLLABORATION : 
Innofibre, Centre d’innovation des produits cellulosiques

LIEUX D’EXPOSITION 
> À TROIS-RIVIÈRES :
Galerie d’art du Parc 
Centre d’exposition Raymond-Lasnier 
Espace Pauline-Julien 
Galerie R3 – UQTR
Atelier Silex
> À VICTORIAVILLE
Centre d’art Jacques-et-Michel-Auger

Lien à l’article Rumeurs à propager de Jérôme Delgado 
(Le Devoir, samedi 6 juillet 2024)
Lien à l’article Là où les ouï-dire sont bons de Stéphanie Bérubé
(La Presse, lundi 26 août 2024)
Site web de la Biennale nationale de sculpture contemporaine
Site web de la Galerie d’art du Parc
Site web d’Innofibre, Centre d’innovation des produits cellulosiques

© BNSC, 2024.

Une autre histoire / Otra historia

ESTELA LÓPEZ SOLÍS ET DAIRA SAMANIEGO TOVAR

À gauche : Estela López Solís, Il n’y a plus rien ; à droite : Daira Samaniego Tovar, Ya no hay nada, dessins au plomb sur papier, 2017.

ESPAÑOL

Hier, j’ai rêvé que nous étions dans une maison. Chez toi peut-être. Mais cela ressemblait à ma maison au Mexique. Je te proposais que l’on se débarrasse de nos vieux vêtements, ceux que nous ne portions plus. Et que nous les passions en revue ensemble.
C’était difficile de s’en débarrasser. Il nous est venu à l’esprit
d’échanger quelques morceaux…

En 2017, Estela López Solís et Daira Samaniego Tovar ont réalisé ensemble le projet Une autre histoire / Otra historia. Inspirées par un rêve fait par Estela, elles ont pris comme matière de création des fragments de phrases extraites d’une longue correspondance à caractère intime qu’elles avaient entretenue pendant des mois. Chaque artiste a créé un dessin au plomb par semaine, donnant lieu à deux séries graphiques de quinze dessins chacune. La série de Daira intègre les phrases en espagnol, tandis que celle d’Estela intègre les phrases en français. Dans le processus de création de ce projet, les artistes se penchent sur des croissements significatifs et des synchronies dans leurs histoires de vie, ainsi que sur des intersections identitaires au cœur d’une amitié de longue date. Avec des langages graphiques différentes, les deux séries des artistes racontent deux histoires qui ne sont peut-être qu’une même histoire.

Livre imaginé : Six héroïnes littéraires –Hommage à Anne Hébert

Héloïse ou la danse de Christine 1. Encre de Chine sur papier en coton, 28,8 cm x 21 cm, 2016 // Héloïse o la danza de Christine 1. Tinta China sobre papel de algodón, 28,8 cm x 21 cm, 2016.

 

Je voudrais… 2. Broderie faite à la main avec fil en coton sur taie d’oreiller en coton et polyester, oreiller en polyester, 52 cm x 67cm x 18 cm, 2016. Photo : Swann Bertholin. // Quisiera… 2. Bordado hecho a mano con hilo de algodón sobre funda de almohada en algodón y poliéster, almohada en poliéster, 52 cm x 67cm x 18 cm, 2016. Foto: Swann Bertholin.

Dans cette exposition hommage à Anne Hébert, commissariée par Simon Paradis à l’occasion du centenaire de naissance de l’auteure québécoise (1916-2000), Estela López Solís participe avec l’artiste Anne-Marie Proulx et les auteurs Véronique Cyr, Philippe Drouin, Perrine Leblanc et Elsa Pépin.

Dans la série de dessins Héloïse où la danse de Christine, l’artiste explore la figure du double –thème récurrent dans sa pratique – présente dans le roman Heloïse, de Anne Hébert. Ces dessins s’inspirent du moment dans lequel la grande vitalité de Christine, un des personnages féminins du roman, s’exprime dans l’élan d’une danse qui semble appeler l’avènement de son double ténébreux : la fatidique Héloïse. Intéressée par la tension entre le désir et la répulsion (ou la peur) provoqués par les figures du double, l’artiste dessine des corps féminins évanescents dont le mouvement évoque à la fois une certaine sensualité et des apparitions spectrales.

« …ce sont des structures psychologiques ou intimes qu’elle [l’artiste] fait passer du texte au dessin dans une recherche d’émotions et de sens communs. »
– Simon Paradis. Livre imaginé : Six héroïnes littéraires.
Un hommage à Anne Hébert, 2016.

En empruntant des images et des paroles provenant de sources hétéroclites, l’artiste tisse dans son travail, des liens qui deviennent des filiations insoupçonnées. Les œuvres brodées de la série Je voudrais…, s’inspirent du caractère sombre du roman Héloïse, où la fascination de la mort apparait. Le temps passé à broder et à contempler des phrases extraites de ce roman, a permis à l’artiste de se les approprier, en les détournant parfois grâce au « Je » – qui n’est pas employé dans le texte originale –. Avec cette tournure des phrases, elle souhaite faire appel à une subjectivité partagée entre les personnages du roman, l’artiste et le public. La série Je voudrais… fait partie d’une exploration plus vaste (série Susurrantes) dans laquelle l’artiste s’approprie des pensées noires des autres, en les brodant blanc sur blanc, sur des taies d’oreillers, soulignant ainsi le caractère introspectif, intime et secret de ces phrases.

 

Héloïse ou la danse de Christine 5. Encre de Chine sur papier en coton, 28,8 cm x 21 cm, 2016 // Héloïse o la danza de Christine 5. Tinta China sobre papel de algodón, 28,8 cm x 21 cm, 2016.

 

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Vue de l'exposition // Vista de la exposición
Vues de l’exposition Livre imaginé : Six héroïnes littéraires – Hommage à Anne Hébert, Librairie Monet, Montréal, 2016. Photos : Swann Bertholin. // Vistas de la exposición Livre imaginé : Six héroïnes littéraires – Hommage à Anne Hébert, Librería Monet, Montreal, 2016. Fotos: Swann Bertholin.

 

Je voudrais… 1 (détail). Broderie faite à la main avec fil en coton sur taie d’oreiller en coton et polyester, oreiller en polyester, 52 cm x 67cm x 18 cm, 2016. Photo : Swann Bertholin. // Quisiera… 1 (detalle). Bordado hecho a mano con hilo de algodón sobre funda de almohada en algodón y poliéster, almohada en poliéster, 52 cm x 67cm x 18 cm, 2016. Foto: Swann Bertholin.

 

Solitudes // Soledades

Solitude 3. Encre de Chine sur papier en coton, 22 cm x 15.2 cm, 2014. // Soledad 3. Tinta China sobre papel de algodón, 22 cm x 15.2 cm, 2014.

 

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Solitude 7. Encre de Chine sur papier en coton, 15.2 cm x 22 cm, 2014. // Soledad 7. Tinta China sobre papel de algodón, 15.2 cm x 22 cm, 2014.

 

Solitude 8. Encre de Chine sur papier en coton, 15.2 cm x 22 cm, 2014. // Soledad 8. Tinta China sobre papel de algodón, 15.2 cm x 22 cm, 2014.

 

Solitude 10. Encre de Chine sur papier en coton, 15.2 cm x 22 cm, 2014. // Soledad 10. Tinta China sobre papel de algodón, 15.2 cm x 22 cm, 2014.

 

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Solitude 11. Encre de Chine sur papier en coton, 15.2 cm x 22 cm, 2014. // Soledad 11. Tinta China sobre papel de algodón, 15.2 cm x 22 cm, 2014.

Les dessins de la série Solitudes explorent les émotions et incertitudes reliées à la migration.

Solitudes a été présentée dans l’exposition De ma mère et de ma terre, fertilité, transplantation et mort dans la création d’artistes immigrants d’Amérique latine, à la Maison de la Culture Villeray – Saint-Michel – Parc-Extension, à Montréal, en 2014. Commissaire : Rafael Sottolichio.

“[Ces] dessins semblent flotter tels de fantômes, des hiéroglyphes érodés par le temps.”
– Rafael Sottolichio.  De ma mère et de ma terre…, catalogue de l’exposition, 2014.



Los dibujos de la serie Soledades exploran las emociones e incertidumbres ligadas a la migración.

Soledades ha sido presentada en la exposición De ma mère et de ma terre, fertilité, transplantation et mort dans la création d’artistes immigrants d’Amérique latine (De mi madre y de mi tierra, fertilidad, transplantación y muerte en la creación de artistas inmigrantes de América Latina), en la Casa de la Cultura Villeray – Saint-Michel – Parc-Extension, en Montreal, en 2014. Curaduría: Rafael Sottolichio.

“[Estos] dibujos parecen flotar cual fantasmas, jeroglíficos erosionados por el tiempo.”
– Rafael Sottolichio. De ma mère et de ma terre…, catálogo de la exposición, 2014.

Collection // Colección

Les dessins de la série Collection accompagnent le roman Wigrum, de l’auteur québécois Daniel Canty (La Peuplade, 2011 et Talonbooks, 2013). Réalisée à l’encre noire sur papier, cette centaine de dessins illustre les cent récits du livre, en représentant chacun des objets qui font partie de la collection de Sebastian Wigrum, “collectionneur ordinaire” et personnage principal du roman.

“Les dessins de la Collection sont le résultat d’un méticuleux travail d’observation, d’un ralentissement du regard qui permet d’accumuler en soi la charge émotive des choses puis d’en opérer la libération à travers un geste d’encre et de papier. Pour leur permettre de quitter notre monde et de passer dans la matière du livre, la dessinatrice lave les objets de leurs couleurs, les déleste de leurs usages et de leurs noms. La monochromie des encres répond à la grisaille typographique. Les dessins fusionnent avec les récits comme si les objets auxquels ils ressemblent y retrouvaient leur nom et leur nature véritables, enfin révélés à nous. ”
– Daniel Canty, Cent une figures du temps, 2013.



Los dibujos de la serie Colección acompañan la novela Wigrum, del escritor quebequense Daniel Canty (La Peuplade, 2011 et Talonbooks, 2013). Realizados en tinta negra sobre papel, estos cien dibujos ilustran los cien relatos del libro, representando cada uno de los objetos que forman parte de la colección de Sebastian Wigrum, “coleccionista ordinario” y personaje principal del libro.

“Los dibujos de la Colección son el resultado de un meticuloso trabajo de observación, de una lentificación de la mirada que permite acumular en sí la carga emotiva de las cosas y de operar entonces la liberación, a través de un gesto de tinta y de papel. Para permitirles dejar nuestro mundo y pasar a la materia del libro, la dibujante lava los objetos de sus colores, los deslastra de sus usos y de sus nombres. La monocromía de las tintas responde a la grisalla tipográfica. Los dibujos se fusionan con los relatos, como si los objetos que semejan encontraran su nombre y su naturaleza verdaderos, revelados al fin ante nosotros.”
– Daniel Canty. Cent une figures du temps (Ciento una figuras del tiempo), 2013.

Catastrophes // Catástrofes

Les conséquences. Dessin numérique, 27.94 cm x 21.59 cm, 2010. // Las consecuencias. Dibujo digital, 27.94 cm x 21.59 cm, 2010.

 

Tout va bien 2. Dessin numérique, 27.94 cm x 21.59 cm, 2010. // Está bien 2. Dibujo digital, 27.94 cm x 21.59 cm, 2010.

 

Si je meurs. Dessin numérique, 27.94 cm x 21.59 cm, 2010. // Si muero. Dibujo digital, 27.94 cm x 21.59 cm, 2010.

 

Horizons de bonté. Dessin numérique, 21.59 cm x 27.94 cm, 2010. // Horizontes de bondad. Dibujo digital, 27.94 cm x 21.59 cm, 2010.

Dans la série Catastrophes, des silhouettes d’oiseaux se conjuguent avec des fragments textuels extraits de poèmes, de nouvelles des journaux et de témoignages de personnes qui ont subi des sinistres. Ces dessins explorent le bouleversement émotif face à la mort et à la destruction.

La série Catastrophes a été présentée dans l’exposition 14 años / 14 creadores (14 années / 14 créateurs), à la Galerie David Alfaro Siqueiros de Morelia au Mexique, en 2011, et a été publiée dans le catalogue du même titre (Universidad Michoacana de San Nicolás de Hidalgo, Morelia, 2011).

“Dans la voix artistique de Estela López résonnent des lointains échos des conceptions orientales du temps, de l’espace et de la relation du sujet avec ceux-ci.”
– Carlos F. Marquez. 14 años / 14 creadores, Universidad Michoacana
de San Nicolás de Hidalgo, 2011.



En la serie Catástrofes, siluetas de pájaros se conjugan con fragmentos textuales de poemas, de noticias y de testimonios de personas que han vivido siniestros. Estos dibujos exploran la conmoción que conllevan la muerte y la destrucción.

La serie Catástrofes fue presentada en la exposición 14 años / 14 creadores, en la Galería David Alfaro Siqueiros de Morelia, México, en 2011, y fue publicada en el catálogo del mismo título (Universidad Michoacana de San Nicolás de Hidalgo, Morelia, 2011).

“Resuenan en la voz artística de Estela López ecos lejanos de las concepciones orientales del tiempo, el espacio y la relación del sujeto con ellos.”
– Carlos F. Marquez. 14 años / 14 creadores, Universidad Michoacana
de San Nicolás de Hidalgo, 2011.

La Suite d’Alice

01_alice_en_univers_de_la_poete
Alice en univers de la poète. Encre sur papier, 15 cm x 10.5 cm, 2006. // Alicia como el universo de la poeta. Tinta sobre papel, 15 x 10.5 cm, 2006.

 

02_a_travers_le_terrier
À travers le terrier. Encre sur papier, 30 cm x 10.5 cm, 2006. // A través de la madriguera. Tinta sobre papel, 30 cm x 10.5 cm, 2006.

 

03_ouverte
Ouverte. Encre sur papier, 21 cm x 10.5 cm, 2006. // Abierta. Tinta sobre papel, 21 cm x 10.5 cm, 2006.

 

04_breche
Brèche. Encre sur papier, 15 cm x 20 cm, 2006. // Brecha. Tinta sobre papel, 15 x 20 cm, 2006.

 

05_emulsionnee
Émulsionnée. Encre sur papier, 15 cm x 20 cm, 2006. // Emulsionada. Tinta sobre papel, 15 cm x 20 cm, 2006.

 

06_le_petit_mal
Le petit mal. Encre sur papier, 15 cm x 20 cm, 2006. // El mal. Tinta sobre papel, 15 cm x 20 cm, 2006.

 

07_alice_en_esprit
Alice en esprit. Encre sur papier, 15 cm x 10.5 cm, 2006. // Alicia como espíritu. Tinta sobre papel, 15 cm x 10.5 cm, 2006.

 

08_alice_en_personne_disparue
Alice en personne disparue. Encre sur papier, 15 cm x 20 cm, 2006. // Alicia como persona extraviada. Tinta sobre papel, 15 cm x 20 cm, 2006.

 

09_deces
Décès. Encre sur papier, 15 cm x 10 cm, 2006. // Deceso. Tinta sobre papel, 15 cm x 10 cm, 2006.

 

10_du_coin_de_l_oeil
Du coin de l’oeil. Encre sur papier, 15 cm x 10.5 cm, 2006. // Con el rabillo del ojo. Tinta sobre papel, 15 cm x 10.5 cm, 2006.

 

11_coincee
Coincée. Encre sur papier, 15 cm x 10.5 cm, 2006. // Acorralada. Tinta sobre papel, 15 cm x 10.5 cm, 2006.

 

12_decharnee
Décharnée. Encre sur papier, 15 cm x 10.5 cm, 2006. // Descarnada. Tinta sobre papel, 15 cm x 10.5 cm, 2006.

 

13_decharnee2
Décharnée 2. Encre sur papier, 15 cm x 10.5 cm, 2006. // Descarnada 2. Tinta sobre papel, 15 cm x 10.5 cm, 2006.

 

14_alice_en_chrysalide
Alice en chrysalide. Encre sur papier, 15 x 10.5 cm, 2006. // Alicia como crisálida. Tinta sobre papel, 15 x 10.5 cm, 2006.

 

15_le_regard_du_ver_a_soie
Le regard du Ver à soie. Encre sur papier, 15 cm x 10.5 cm, 2006. // La mirada de la Oruga. Tinta sobre papel, 15 cm x 10.5 cm, 2006.

 

16_entrailles
Entrailles. Encre noire sur papier, 8 cm x 15.5 cm 2006. // Entrañas. Tinta sobre papel, 8 cm x 15.5 cm 2006.

 

17_white_stone1
Pierre blanche 1. Encre sur papier, 15 cm x 10.5 cm, 2006. // Piedra blanca 1. Tinta sobre papel, 15 cm x 10.5 cm, 2006.

 

18_a_son_approche
À son approche. Encre sur papier, 15 cm x 10.5 cm, 2006. // Cuando se acerca. Tinta sobre papel, 15 cm x 10.5 cm, 2006.

 

19_la_courbe_sombre3
La courbe sombre 3. Encre sur papier, 27 cm x 15.5 cm, 2006. // La curva obscura 3. Tinta sobre papel, 27 cm x 15.5 cm, 2006.

 

20_pierre_fracassee
Pierre fracassée. Encre sur papier, 6.5 cm x10.5 cm, 2006. // Piedra rota. Tinta sobre papel, 6.5 cm x 10.5 cm, 2006.

 

Les dessins de La Suite d’Alice accompagnent les poèmes du recueil Pierre Blanche : Poèmes d’Alice (Noroît, Montréal, 2007), de la poète Stephanie Bolster, traduis au français par l’auteur Daniel Canty à partir de la version originale anglaise White Stone: The Alice Poems (Signal Editions/Véhicule Press, Montréal, 1998).Poèmes et dessins se trouvent aussi dans « Blanc d’Alice », Revue Liberté (numéro 275 – 276, Montréal, 2007) et dans « Vie privée d’Alice Liddell », Revue Contre-Jour (numéro 12, Sherbrooke, 2007).

« …What a gift when, across distance and generations, the stars (and stones) gathered in a glorious constellation of sensibilities. Solís and I saw the same Alice, a girl darkened by the passage of time, the transformations of her own body, the scrutiny of others, the journey underground. Before these images, so much more haunting – and, in many ways, more true to the essence of Carroll’s Alice – than the classic illustrations by Sir John Tenniel, I find myself mute with wonder (and, sometimes, fear). From one small girl born in Oxford in 1852, this world of shadows and mirrors and holes and stones opened and remains open. »
– Stephanie Bolster, texte de présentation de La Suite d’Alice

Cette série a été présentée dans l’exposition La Suite d’Alice / Transfigurations : deux projets graphiques, au Centre culturel Antiguo Colegio Jesuita, au Mexique (2007) et dans l’exposition La Suite d’Alice, à la galerie L’aire libre, de la librairie Monet, à Montréal (2008). Le poème suivant de Daniel Canty accompagnait ces expositions :

La suite d’Alice
Daniel Canty

J’aurais voulu quitter mon ombre et me glisser
entre les pages d’un livre. Enfin apprendre qui
je serais si je n’étais pas moi. Et j’aurais
voulu que tu l’apprennes avec moi.

 

Alice et Lewis ouvrent
un livre percé en son centre,
où une pierre blanche recouvre
la béance qui est la sortie du monde.

Il n’est pas donné à tous de pouvoir
se glisser entre les pages d’un livre,
pour en atteindre le centre
et tomber hors de lui.

*

La beauté du jeu d’échecs
tient pour beaucoup
à sa pureté bichrome.
Le jeu de cartes comprend
quatre « couleurs »
pourtant ou rouges, ou noires.

(Certains rapprochements
sont inévitables :
on n’en finit pas
de jouer avec les mots.)

Divers manuels d’échecs
nomment rouges les pièces
de l’armée offensive.
Aux cartes, les corps siamois
du roi, de la reine et du valet
se dédoublent et s’inversent.

La souveraine du Pays des Merveilles,
n’est pas Alice mais bel et bien
la Reine de cœur.

(Certains jeux
ne se jouent qu’à deux :
leurs histoires n’appartiennent pas
qu’à leurs personnages.)
Les pièces blanches
répondent à chaque mouvement
de l’armée noire.

Le soleil dessine
tout le temps ou presque
avec son compas d’ombre.

Il n’y a pas d’Alice
sans Lewis, et pas de Lewis
sans Charles et Alice.

Par cet accord sonore
le révérend bègue scelle
son mariage à l’impossible.

Ombres ou reflets :
certains êtres n’existent
qu’à l’angle des choses.

Nous sommes seuls à penser à eux
qui ne pensent jamais à nous :
ils se sortent sans nous des fictions.

Nous ne nous achevons enfin
que dans le rouge et le noir
caché à l’intérieur des chairs.

(Je me demande qui je serais
si je n’étais pas que moi :
le papier froisse les espoirs
les plus purs de la chair.)

Voilà nos ombres et nos reflets
marchant au pas
du temps qui tarde.

Et nous qui nous retournons
toujours trop tard
pour surprendre leur jeu.

Il faudrait savoir les laisser derrière,
et simplement disparaître
à la suite d’Alice
dans un pays encore inconnu
car ni nos contes ni le sien
ne sont jamais que les nôtres.



Los dibujos de La Suite d’Alice acompañan los poemas de Pierre Blanche : Poèmes d’Alice (Noroît, Montréal, 2007), de la poeta Stephanie Bolster, traducidos al francés por el escritor Daniel Canty, a partir de la versión original en inglés White Stone: The Alice Poems (Signal Editions/Véhicule Press, Montréal, 1998). Poemas y dibujos se encuentran también en « Blanc d’Alice », Revue Liberté (número 275 – 276, Montreal, 2007) y en « Vie privée d’Alice Liddell », Revue Contre-Jour (número 12, Sherbrooke, 2007).

« ¡Qué regalo cuando, a través de la distancia y las generaciones, las estrellas (y las piedras) se reunieron en una gloriosa constelación de sensibilidades! Solís y yo vimos a la misma Alicia, una niña oscurecida por el paso del tiempo, las transformaciones de su propio cuerpo, el escrutinio de los otros, la jornada bajo tierra. Ante estas imágenes,  mucho más inquietantes – y en muchos sentidos, más fieles a la esencia de la Alicia de Carroll – que las ilustraciones clásicas de Sir John Tenniel, enmudezco maravillada (y, a veces, temerosa). Este mundo de sombras y espejos y agujeros y piedras se abrió con una pequeña niña nacida en Oxford en 1852, y permanece abierto. »
– Stephanie Bolster, fragmento del texto de presentación de La Suite de Alice

Esta serie de dibujos fue presentada en la exposición La Suite d’Alice / Transfiguraciones: dos proyectos gráficos, en el Centro Cultural Antiguo Colegio Jesuita de Pátzcuaro, en México (2007) y en la exposición individual La Suite d’Alice, en la galería L’aire libre, de la Librería Monet, en Montreal (2008). El siguiente poema de Daniel Canty acompañaba las dos exposiciones:

En pos de Alicia
Daniel Canty

Hubiera querido desprenderme de mi sombra y deslizarme
entre las páginas de un libro. Saber al fin
quién sería yo si no fuera el que soy. Y hubiera querido

que tú lo descubrieras conmigo.

 

Alicia y Lewis abren
un libro horadado en su centro,
donde una piedra blanca cubre
el hueco que es la salida del mundo.

No a todos les es dado el poder
deslizarse entre las páginas de un libro,
para alcanzar el centro,
y caer fuera de él.

*

La belleza del juego de ajedrez
se debe en gran parte
a la pureza de su bicromía.

El juego de cartas comprende
cuatro « colores »,
o rojos o negros, sin embargo.

(Algunas comparaciones
son inevitables:
nunca dejamos
de jugar con las palabras.)

Diversos manuales de ajedrez
llaman rojas a las piezas
de la armada ofensiva.

En las cartas, los cuerpos siameses
del rey, de la reina y del valet,
se desdoblan y se invierten.

La soberana del País de las Maravillas,
no es Alicia, lo es sin duda
la Reina de corazones.

(Algunos juegos
no se juegan sino a dos:
sus historias no pertenecen
sino a sus personajes.)

Las piezas blancas
responden a cada movimiento
de la armada negra.

El sol dibuja
todo el tiempo o casi
con su compás de sombra.

No hay Alicia
sin Lewis, y no hay Lewis
sin Charles y Alicia.

Con este acorde sonoro
el tartamudo reverendo sella
su matrimonio con lo imposible.

Sombras o reflejos:
algunos seres no existen
sino en el ángulo de las cosas.

Somos los únicos en pensar en ellos
que no nos piensan nunca:
libran sin nosotros las ficciones.

Al final, no nos acabamos
sino en el rojo y el negro
escondidos en el interior de la carne.

(Me pregunto quién sería yo
si no fuera más que yo:
el papel aja las más puras
esperanzas de la carne.)

Ahí están nuestros reflejos y sombras
marchando al paso
del tiempo que tarda.

Y nosotros que nos volvemos
siempre demasiado tarde
para sorprender su juego.

Habría que saber dejarlos atrás,
y simplemente desaparecer
en pos de Alicia,
en un país aún desconocido
pues ni nuestros cuentos ni el suyo son
jamás por completo nuestros.

 

Pierre Blanche : Poèmes d’Alice. Stephanie Bolster, traduction de Daniel Canty. Éditions du Noroît, Montréal, 2007. // Pierre Blanche : Poèmes d’Alice. Stephanie Bolster, traducción de Daniel Canty. Éditions du Noroît, Montreal, 2007.