Polyphonie intime

ESTELA LÓPEZ SOLÍS ET MARIE PERRAULT

Estela López Solis et Marie Perrault, dessin/transcription sur papier à partir de textes de Marie Perrault, 2020. Photo : Paul Litherland.

« Depuis plusieurs années, Estela López Solís recueille les phrases de personnes assistant à ses performances pour réaliser des œuvres textiles qui matérialisent ces mots sous forme d’installations. Non pas centrée sur l’objet, son approche mise plutôt sur un processus où ses œuvres incarnent les traces d’échanges autour d’expériences intimes que lui confient les visiteur.e.s et qu’elle note et réactive sous forme de broderies, intégrées à une installation plus vaste, réunissant les voix de tous dans une même œuvre. »

« À l’hiver 2017, au Centre culturel de Notre-Dame-de-Grâce à Montréal, elle se penche sur les pensées noires et les jugements hantant chacun.ne de nous. Sa démarche de collaboration avec Marie Perrault découle d’une approche commissariale de cette dernière mettant de l’avant la résonance intime que cette exposition a provoqué chez elle. Une approche qu’elle a développée pour une exposition de López Solís au Centre d’art Jacques-et-Michel-Auger (Victoriaville).

À partir de photographies et de courts récits de souvenirs de l’enfance de Marie Perrault réveillés par sa visite au Centre culturel Notre-Dame-de-Grâce, elle et Estela López Solís ont produit, en 2020 et 2021, de nombreux dessins/transcriptions, près d’une centaine d’œuvres sur papier de dimensions variées, par décalque, retranscription littéraire et broderie. Certains ont été réalisées par correspondance. »

Estela López Solis et Marie Perrault, dessin/transcription sur papier à partir de textes de Marie Perrault, 2020. Photo : Paul Litherland.

« Soutenu par le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), ce projet pose la retranscription comme méthode de création ancrée dans la résonance intime que portent les mots de chacune répétés et relayés en écho. Ce travail de collaboration s’est articulé autour de nos enfances respectives, en tablant sur nos expériences communes, malgré nos différences d’âge et de culture, de prime abord manifestes. Ce processus a élargi le champ d’action de nos rôles respectifs d’artiste, et de commissaire et autrice. » 

Estela López Solis et Marie Perrault, dessin/transcription sur papier à partir de textes de Marie Perrault, 2020. Photo : Paul Litherland.

Estela López Solis et Marie Perrault, dessin/transcription sur papier à partir de textes de Marie Perrault, 2020. Photo : Paul Litherland.

Marie Perrault, dessin/transcription/broderie sur papier et sur papier calque superposé, deux détails, 2021. Photos: Paul Litherland.

Estela López Solis, La vulnérabilité, dessin/transcription/broderie sur papier à partir de textes de Marie Perrault, 2021. Photo : Paul Litherland.

Estela López Solis, Nos doutes, dessin/transcription/broderie sur papier à partir de textes de Marie Perrault, 2021. Photo : Paul Litherland.

« Notre démarche commune s’élabore autour de la polyphonie de nos voix respectives, où le visible et le lisible, deviennent les fils conducteurs de prises de parole, tant individuelles que communes. À partir d’une complicité inter-culturelle et inter-générationnelle, nous tissons… des rapports de superposition, d’entrecroisement, de juxtaposition et de discontinuité, incarnant des échanges sensibles conjugués au « je » et au « nous » …

Nous désirons voir se répondre nos modes d’expression respectifs selon une perspective qui considère nos subjectivités et favorise une contamination de nos pratiques. Cette collaboration explore la possibilité de retrouver sa propre voix dans celle de l’autre par des créations émanant d’un processus d’écoute réciproque, de complicité précieuse et rare, à contre-courant de la prestation autonome attendue d’une commissaire et d’une artiste. Elle questionne les fondements mêmes de nos identités individuelles. »

Textes de Marie Perrault.

Vue du processus de création du projet en atelier, 2020. Photo : Estela López Solís.

La vez que… Là où…

ESTELA LÓPEZ SOLÍS ET PATRICK BEAULIEU

L’étang Perdu (02 min 26 s), extrait de La vez que… Là où… (01 h, 10 min 46 s), Estela López Solís et Patrick Beaulieu, montage : Eric Mattson, 2021.

ESPAÑOL

À l’invitation des commissaires Nicole Gingras et Eric Mattson, Estela López Solís et Patrick Beaulieu ont participé au XV Festival de Arte Sonoro Tsonami 2021, avec la diffusion de l’œuvre sonore La vez que… Là où…. Mettant en dialogue une série de brefs enregistrements réalisés in-situ sur le territoire des Cantons de l’Est (Québec, Canada) avec des récits (espagnol, français) et interventions semi-improvisés en direct, ce projet explore certains déracinements ou pertes de repères, géographiques ou affectifs, dans l’acte de se remémorer. Dans cette composition fragmentaire où le vide, l’oubli et l’absence sont cernés par la parole, le décalage entre le souvenir et l’expérience d’un territoire s’entrecroise avec la mémoire de lieux inatteignables.

La vez que… Là où… est une première co-création de Estela López Solís et de Patrick Beaulieu. Cette œuvre a été diffusée en direct le 16 décembre 2021, à partir de Orford, Québec, et elle a été transmise sur radiotsonami.org.

Accédez à la page du XV Festival de Arte Sonoro Tsonami 2021.

Voir le programme complet du Festival.

Une autre histoire / Otra historia

ESTELA LÓPEZ SOLÍS ET DAIRA SAMANIEGO TOVAR

À gauche : Estela López Solís, Il n’y a plus rien ; à droite : Daira Samaniego Tovar, Ya no hay nada, dessins au plomb sur papier, 2017.

ESPAÑOL

Hier, j’ai rêvé que nous étions dans une maison. Chez toi peut-être. Mais cela ressemblait à ma maison au Mexique. Je te proposais que l’on se débarrasse de nos vieux vêtements, ceux que nous ne portions plus. Et que nous les passions en revue ensemble.
C’était difficile de s’en débarrasser. Il nous est venu à l’esprit
d’échanger quelques morceaux…

En 2017, Estela López Solís et Daira Samaniego Tovar ont réalisé ensemble le projet Une autre histoire / Otra historia. Inspirées par un rêve fait par Estela, elles ont pris comme matière de création des fragments de phrases extraites d’une longue correspondance à caractère intime qu’elles avaient entretenue pendant des mois. Chaque artiste a créé un dessin au plomb par semaine, donnant lieu à deux séries graphiques de quinze dessins chacune. La série de Daira intègre les phrases en espagnol, tandis que celle d’Estela intègre les phrases en français. Dans le processus de création de ce projet, les artistes se penchent sur des croissements significatifs et des synchronies dans leurs histoires de vie, ainsi que sur des intersections identitaires au cœur d’une amitié de longue date. Avec des langages graphiques différentes, les deux séries des artistes racontent deux histoires qui ne sont peut-être qu’une même histoire.