Dans cette œuvre créée pour la Biennale nationale de sculpture contemporaine (BNSC), une série de broderies réalisées à la main et une série de dessins sur papier de sisal se déployaient, sous forme d’installation in situ, dans l’espace du grenier de la Galerie d’art du Parc, à Trois-Rivières.
Ici, le travail de broderie, souvent associé à l’univers domestique, nous ramène aussi à la sphère publique. Certaines des pièces textiles s’inspirent des grandes bannières qui, lors de manifestations publiques massives au Mexique, affichent dans la rue des phrases peintes portant des revendications sociales ou politiques. Une tension entre l’intime et le public est mise en œuvre. Les phrases brodées sur chaque pièce textile semblent nous dévoiler des bribes de récits portant des blessures à la fois individuelles et collectives. Ces narrations fragmentaires demeurent ouvertes pour accueillir toutes les histoires avec lesquelles ces œuvres puissent resonner.
Invitée par la Biennale à collaborer avec Innofibre, Centre d’innovation de produits cellulosiques, pour le développement et la réalisation d’une œuvre, Estela López Solís s’est intéressée à la création d’un papier à partir de fibres de sisal d’origine mexicaine récupérées des cordes et de sacs destinés au transport de produits agricoles. Les dessins découlant de cette recherche portent des transcriptions qui racontent, d’une façon fragmentaire, l’histoire de l’exploitation humaine coloniale et postcoloniale reliée à la culture et au commerce du sisal et d’autres matières des Amériques.
« La simplicité des mots tout comme l’absence de données factuelles
rendent ces récits universels. La souffrance, souvent tue, résonne enfin,
tout en gardant ses victimes dans l’anonymat. »
– Extrait du texte Rumeurs à propager, de Jérôme Delgado,
publié dans Le Devoir, le samedi 6 juillet 2024.





© Estela López Solís. Vues de l’installation Notre douleur, Galerie d’art du Parc, 2024. Photos: Félix Michaud.
« Comment les messages produits par le biais des ouï-dire ont-ils une influence concrète
sur les conceptions du monde et pourraient pousser au faire et à l’agir ?
Les œuvres présentées dans cette 11e BNSC ne se limitent pas à dénoncer, soit à dire. »
– Extrait du texte Oui dire! (Vers une mise en action du ouï-dire) de Karine Bouchard,
catalogue de la BNSC.
La 11e Biennale nationale de sculpture contemporaine dont la thématique était « Oui, dire » a eu lieu du 20 juin au 13 septembre 2024, à Trois Rivières.
ARTISTES INVITÉ-ES :
Heidi Barkun
Rémi Belliveau
Collectif Bonneau-Knight
Shuyi Cao
Estela López Solís
Maryse Goudreau
Marc-Antoine K. Phaneuf
arkadi lavoie lachapelle
Clemens Von Wedemeyer
Sanaz Sohrabi
Camille Turner
Nico Williams
Tyshan Wright
COMMISSAIRE :
Karine Bouchard
DIRECTRICE GÉNÉRALE ET ARTISTIQUE DE LA BNSC :
Audrey Labrie
COORDONNATEUR ARTISTIQUE :
Alexandre Poulin
COLLABORATION :
Innofibre, Centre d’innovation des produits cellulosiques
LIEUX D’EXPOSITION
> À TROIS-RIVIÈRES :
Galerie d’art du Parc
Centre d’exposition Raymond-Lasnier
Espace Pauline-Julien
Galerie R3 – UQTR
Atelier Silex
> À VICTORIAVILLE
Centre d’art Jacques-et-Michel-Auger
Lien à l’article Rumeurs à propager de Jérôme Delgado
(Le Devoir, samedi 6 juillet 2024)
Lien à l’article Là où les ouï-dire sont bons de Stéphanie Bérubé
(La Presse, lundi 26 août 2024)
Site web de la Biennale nationale de sculpture contemporaine
Site web de la Galerie d’art du Parc
Site web d’Innofibre, Centre d’innovation des produits cellulosiques

© BNSC, 2024.




















































